Histoire

Le château de Vaudrémont est situé entre Chaumont et Bar-sur-Aube, dans la vallée de la Brauzé, un affluent de l’Aujon. Ce château appartenait à la famille de Saint Belin, probablement originaire de la Saxe. Cette famille des comtes de Saint Belin occupait déjà au XIIème siècle de hautes fonctions à Chaumont et à Langres. Depuis les croisades jusqu’au XVIIème siècle, plusieurs membres masculins de la famille, souvent chevaliers de l’ordre de Malte, ont été au service de la couronne de France surtout comme commandants de troupe.

En 1489, Georges de Saint Belin acheta à ses cousins Tristan de Bourmont et Jean de Montarmentier les terres et les bâtiments antérieurs au château actuel de Vaudrémont. Cette propriété comportait des biens ruraux très étendus et la suzeraineté alternante sur plusieurs localités environnantes.

Les comtes de Saint Belin ont été épargnés par la Révolution et leurs successeurs, parfois des parents institués héritiers comme par alliance le comte de Messey, le Marquis de Ragny ou Clotilde de Malartic ont géré le château jusqu’en 1882.

Tandis qu’il existe des documents sur l’histoire de la famille de Saint Belin et de leur parenté, les informations sont incertaines quant à l’histoire de la construction du château. Lors des rénovations, les fondations du château primitif ont été découvertes. Le château Renaissance actuel, massif et sans ornements, a été construit sur les anciennes fondations et date environ de 1580. Il a été conçu avec une cour carrée, comme château fortifié, entouré de douves. Le corps de logis de plus de 60 mètres de longueur est relié par deux tours d’angle à deux ailes plus courtes.

À l’origine, le château avait trois étages, mais l’étage supérieur fut bientôt détruit lors d’un incendie qui probablement avait éclaté pendant les guerres de religion. Il fut reconstruit par la suite sans troisième étage et n’était, encore au siècle dernier, accessible que par des ponts-levis.

La construction n’a pas été achevée ou bien, lors d’une rénovation en 1770 par Dominique-Louis-François Marquis de Saint Belin (« Mestre de camp de cavalerie » et Chevalier de Saint Louis), la moitié des bâtiments a été enlevée pour ménager, comme au château de Versailles, une large vue sur le paysage.

Les proportions des pièces ont à peine été changées ; les plus anciennes cheminées datent du XVIème siècle tandis que les boiseries sont des compléments apportés au cours des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles.

Les sols de l’entrée principale datent également du XIXe siècle et sont incrustés avec le blason en couleur des Saint Belin (couronne de comte à neuf crénelures avec trois têtes de béliers) et des croix de l’ordre de Malte, auquel appartenaient certains membres de la famille.

« Lorsque j’ai découvert ce domaine sans nom, j’étais à une hauteur, à un degré de perfection et de pureté que je n’atteindrai jamais plus. »

(Le Grand Meaulnes – Alain-Fournier)

En 1882, le banquier et fabricant belge de peinture Jenard acquit le château que lui et sa famille utilisèrent souvent jusqu’en 1928 comme résidence d’été. Le château devint ensuite la possession de Paul Edmond Decharme, producteur de films, metteur en scène et directeur de la société cinématographique « Alcina ».

Celui-ci y accueillit beaucoup de vedettes de cinéma parmi lesquelles : Raimu, Fernandel, Marlène Dietrich, Jean Gabin, Georges Guétary, Martine Carol, Jean Tissier, Simone Valère, Jean Desailly, le jeune Belmondo et, en outre, Georges Valkewitch, décorateur de films et pour la scène de l’Opéra de Paris. Le château servit de cadre pour le film historique « Le Cavalier noir » auquel, en plus des vedettes Martine Carol et Georges Guétary, beaucoup d’habitants de Vaudrémont participèrent comme figurants.

En 1946, différentes scènes du film « Martin Roumagnac » ont été tournées au château et aux alentours. Les vedettes étaient Marlène Dietrich et Jean Gabin qui avait donné l’idée de ce film.

« Hollywood-sur-Marne ». Au sortir de la guerre, deux des plus grandes stars de l’époque font leur retour sur les écrans.

Deux mois durant, Marlène Dietrich et Jean Gabin sont hébergés au château de Vaudrémont pour le tournage de Martin Roumagnac.

Hors tournage, Gabin apprend à Marlène l’art de la pêche à la carpe dans l’étang du château de Vaudrémont. Tous deux louent « ce petit coin de France aimable et tout rempli de fraîcheur. »

Durant leur séjour au château, il se développa un « amour fou » jusqu’à l’intention de mariage qui échoua, car Jean Gabin exigeait que Marlène Dietrich restât avec lui en France au lieu de retourner à Hollywood…

Le château changea encore trois fois de propriétaire avant d’être, en 1983, acheté par le peintre et critique d’art allemand, Klaus Jürgen-Fischer, dans le but d’établir, en plus des possibilités de présenter des expositions, un lieu de rencontre international pour les artistes et amis des arts.

Depuis 2020, Alain et Stéphanie Carré, grâce à l’agence Patrice Besse, ont acquis, sur un coup de foudre, le château de Vaudrémont afin d’en poursuivre la vocation artistique et de partager le mystère et l’envoûtement des lieux avec le plus grand nombre.